Je sais que pour beaucoup, 2020 a été une tannée, elle ne m’a d’ailleurs pas épargnée, d’un point de vue personnel. Mais c’est aussi l’année où j’ai réalisé deux films, et mis un troisième en chantier, donc elle restera à mes yeux l’une des plus belles…

J’ai débuté l’année en prépa intensive du tournage de La reine lézard, en pleines grèves des transports, manifs houleuses et début de pandémie. Pour couronner le tout, nous avons perdu le décor principal à quinze jours du tournage. Croyez-le ou non, je n’ai jamais été aussi zen et heureuse que pendant cette période. 🙂

Et pourtant, en parallèle, je perdais un an de revenus car un autre film, sur lequel j’officiais en tant que scénariste, et qui était sensé financer la réalisation de mes courts, pédalait dans la semoule. Autant vous dire que cette année, j’ai bossé sans filet.

J’ai tourné et monté le film en février, avec un bonheur indescriptible, et une équipe d’enfer, tout en préparant déjà le tournage du Têtard, retardé à cause de péripéties liées au CNC, et ses plénières sans cesse repoussées.

En mars et avril, j’ai été terrassée par notre ami, le Covid, en même temps que le premier confinement. J’ai été malade comme un chien, pendant huit longues semaines, tandis que j’assurais à distance le montage son de mon film. Ça n’a pas été le pire, non. Le pire ce fut le nouveau report, de six mois, du tournage du Têtard, qui m’a fait perdre une partie de mon équipe et du casting. Pendant que mes proches flippaient de me savoir atteinte par cette cochonnerie, mon seul soucis, c’était de savoir si je pourrais ENFIN tourner ce second film, initialement sensé être le premier, et sur lequel je m’escrimais depuis près de trois ans.

Dès la fin du confinement, au mois de mai, j’ai achevé la postprod de La reine lézard et relancé la prépa et le casting du Têtard. J’étais tellement épuisée par la maladie que mon niveau de stress s’est maintenu à un niveau acceptable. 😉

En juin, j’ai eu le bonheur de découvrir mon film, une première fois, sur l’écran magique du Max Linder, pour les tests DCP, quelle émotion, mes amis! Autre jolie surprise, la SACD m’a spontanément octroyé une extension de la bourse Beaumarchais, que j’avais reçue en 2018 pour Le têtard.

Toujours raplapla physiquement mais reboostée par ces bonnes nouvelles, et les dates de tournages du Têtard, ENFIN calées, j’ai passé l’été à terminer l’écriture de ce qui devrait être mon second long-métrage, en tant que réalisatrice, le fameux film de fantômes, évoqué ici même à plusieurs reprises. Et je n’en suis pas peu fière, car ce fut une des plus longues et laborieuses de mes écritures (je l’avais débutée, un an et demie plus tôt).

En septembre, tandis que le premier long-métrage, Quelqu’un qui m’aimera toujours, partait en production chez Mustang (et sauvait mes finances malmenées), et que mon corps se dézombifiait, j’attaquais la prépa du tournage du Têtard, avec une nouvelle équipe, difficile à recruter puisque tous les tournages ont repris en même temps. Gros gros stress à ce sujet, adouci par la projection officielle, et triomphale, de La reine lézard au Max Linder. Belle cerise sur ce délicieux gâteau, une sélection aux Seoul Indie Shorts Awards!

En octobre, tandis qu’était lancé le casting de mon long-métrage, et que nous recevions les premiers financements, j’ai effectué mes derniers repérages, et ENFIN tourné Le têtard. Je vous mentirais en prétendant que le tournage a été facile, ou même joyeux, mais j’ai été soutenue par une équipe incroyable, et un casting hors pair. Alors que je suis en train d’achever le montage, je peux vous dire que nous sommes heureux et fiers du résultat. Le second confinement a été annoncé quand nous étions encore sur le plateau. C’est ce qu’on appelle passer entre les goutes.

Et un bonheur n’arrivant jamais seul, j’ai trouvé en Louise Labèque, qui incarnait déjà le rôle principal du têtard, la parfaite héroïne de mon long-métrage, dont le tournage est prévu en septembre 2021. C’est peu de dire que j’ai hâte d’y être! Merci du fond du coeur à mon agent, aux équipes de Mustang Productions et des Films Norfolk, aux géniaux techniciens et comédiens qui m’ont accordé leur confiance, rendant ces belles aventures possibles.

Copyright©Nathalie Lenoir 2020