Tandis que je prépare le tournage de mon premier long en tant que réalisatrice, Quelqu’un qui m’aimera toujours (Mustang Productions), je me replonge dans mon moodboard et les films qui m’ont influencée pour écrire et mettre en images cette histoire.

Pas facile de rester zen en cette période d’embouteillage chez les distributeurs, mais mon équipe et moi avançons dans la préparation du tournage. Rien de mieux, pour me plonger dans l’atmosphère de mon film que de me replonger dans ceux qui l’ont inspiré. Voici mes principales références:

Fish tank, d’Andrea Arnold. Comme elle, j’aime mêler le frontal et l’intime, et filmer mes personnages à fleur de peau. Et je suis admirative de son talent pour nous faire comprendre et aimer des êtres qui dérivent et dérapent.

Carrie, de Brian De Palma. Il n’y aucun élément surnaturel dans mon film, et cette adaptation du roman de Stephen King est très marquée par les années 70, mais je suis particulièrement sensible à la façon dont De Palma illustre les mystères et injonctions liées au féminin. Il filme en imbrication l’éveil à la sexualité et le développement de la névrose avec maîtrise et retenue, j’adore!

Rosemary’s baby, de Roman Polanski. Au risque d’en choquer certain.e.s, malgré les sordides affaires liées au cinéaste, j’assume totalement l’influence de certaines de ses oeuvres sur mon propre cinéma. Ce film-là n’a rien à voir avec le mien, à première vue. Mais il lui devra beaucoup, en termes de mise en scène.

Noce blanche, de Jean-Claude Brisseau. Je persiste et signe. 😉 Force est de constater que ce film m’a totalement chamboulée, ado, et l’héroïne de mon film s’inscrit dans une sororité avec celui qu’interprète Vanessa Paradis.

White bird in a blizzard, de Gregg Araki. Quand un de mes cinéastes cultes adapte ma romancière préférée, Laura Kasischke, forcément, je kiffe. Ce film et le mien sont très très proches dans leurs thématiques comme leurs univers.

Leave no trace, de Debra Granik. Une bouleversante et tragique histoire d’amour père / fille, narrée en silences, en regards, avec une tension narrative incroyable.

Paranoid park, de Gus Van Sant. Pas de skate dans mon film, cette fois-ci. Mais comme dans celui-ci, le parcours criminel d’un adolescent qui ne sait pas dire ses émotions, son mal être.

Tess, de Roman Polanski. Comme cette courageuse héroïne, que sa fierté va perdre, la protagoniste de mon film est conditionnée, dans ses choix, comme ses crimes, par la misogynie de la société dans laquelle elle évolue. Son destin est tracé d’avance, pour elle, et c’est en essayant d’y échapper qu’elle commet des erreurs, terribles.

Elephant, de Gus Van Sant. Comme mon père de cinéma, j’essaie de filmer à hauteur de personnages, même quand ils sont déviants. Quand il est impossible de cautionner leurs actes, je souhaite amener le spectateur à les comprendre, sans juger. J’espère y parvenir dans ce nouvel opus.

Copyright©Nathalie Lenoir 2020