Chaque mois de décembre, j’ai pour coutume de me réunir avec moi-même pour un bon gros bilan de l’année écoulée, histoire d’apprécier le travail accompli et de me fixer des objectifs pour l’année à venir. Il fut un peu étrange, ce millésime 2017, je vous raconte?

Si l’année 2017 m’a apporté une (très) grosse satisfaction, c’est de me permettre de ne travailler que pour le grand écran. Même si j’ai un ou deux projets qui circulent, et un autre en cogitation, j’avoue que l’écriture télé m’attire de moins en moins, telle qu’on la pratique en France tout du moins.

Ce qui est génial, en plus, c’est que j’ai pu travailler à la fois sur un film à budget conséquent, une comédie sociétale initié par bibi et développée pour Mustang Productions, et un film d’auteur et de commande, le premier long-métrage de David Guiraud, écrit à quatre mains pour Adastra Films. Cette dichotomie semblera peut-être un poil schizo à certains, pour moi elle est gage d’équilibre artistique et mental, justement. 😉

Mais je dois l’avouer, ce confort professionnel et financier est loin de me satisfaire, tant il a pris le pas sur mes projets d’auteure-réalisatrice, qui avancent, mais pas assez vite à mon goût. Par manque de temps, d’une part, en raison des deux films précédemment mentionnés, mais aussi à cause du climat actuel.

Pas facile tous les jours, de créer dans le pays du « j’adooore ton scénario et tes intentions de réalisation MAIS je ne veux pas de ton film, même si je ne saurais pas te dire pourquoi (= ton sujet dérange), le cinéma social c’est bien gentil, mais tu ne voudrais pas réaliser une comédie? » J’ai aussi régulièrement droit au « non mais moi, tu sais, je monte un film sur ton nom MAIS pas celui que tu proposes, c’est pas ma came », ou encore « depuis le temps que j’ai envie de travailler avec toiiii, mais j’ai pas le coup de coeur sur ton projet, t’en a pas un autre (ou 25) à me proposer? »

On en est tous là, nous les cinéastes (en particulier les femmes): devoir écrire non pas ce qu’on a envie mais ce qui serait susceptible de déclencher ce fameux coup de coeur de Pierre, tout en sachant que ça ne plaira pas forcément à Paul ou à Jacques. Du coup, on démarche avec notre projet initial, et avec un autre en parallèle, qui concilie les supposées attentes des prods (et surtout, des diffuseurs), tout en y glissant tout de même un poil de notre ADN artistique.

Et là je remercie, une fois encore, mon formidable agent qui m’a évité un gros pétage de plombs en m’apportant sur un plateau le sujet idéal pour que j’en fasse un film « mainstream » MAIS 100% moi. Je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant car nous attaquons les démarches, si ce n’est que le film s’appellera Dimitri. #teasingdelamortquitue

Sinon, comme je n’avais absolument plus une seconde à moi, j’ai attaqué, bien entendu, l’écriture de deux romans… et je me suis mise au piano de façon ultra intensive (et dangereuse pour mon fichu canal carpien). Compulsive moi? 😉

Et puis, bien entendu, j’ai continué à jouer les Miss Scénario via mon blog Scénario-Buzz, à travers diverses interviewes, table ronde et podcasts (exercice ultra fun & convivial).

2017, ce fut aussi l’année où s’est libérée la parole des femmes qui travaillent dans le cinéma, une parole qui commence à bien faire bouger les choses, des deux côtés de l’Atlantique… sauf chez nous puisque le harcèlement « n’y existe pas ». Mesdames, la route sera encore longue. 🙂

Et pour terminer sur une note très positive, le millésime écoulé m’a apporté son lot de belles surprises et rencontres. J’ai notamment eu l’immense privilège de voir Kim Gordon sur scène et d’assister à une masterclass d’un de mes mentors, Larry fucking’ Clark, bliss!

Qu’est-ce qui est au menu pour 2018? Je vous en parlerai au moment de la rituelle séance des voeux de bonne année, stay tuned! 😉

Copyright©Nathalie Lenoir 2017