Je n’ai pas vraiment envie de m’étendre sur mes problèmes et inquiétudes de cinéaste, en cette période compliquée pour notre profession dans son ensemble, ni de râler contre l’arbre qui cache la forêt. Je préfère vous parler de quatre oeuvres qui m’ont fait énormément de bien, et m’ont redonné du courage, en cette période compliquée…

Un petit mot sur Netflix et Arte, tout d’abord, qui ont rendu mon confinement moins pénible, mettant à l’honneur films du patrimoine et cinéma d’auteur, et dont les chaines du service public feraient bien de s’inspirer… 😉

Les deux premiers films dont je souhaite vous parler aujourd’hui sont signés Valérie Donzelli, dont j’adore le travail. Je peux comprendre qu’on n’adhère pas avec son univers décalé/perché, mais on oublie souvent de louer l’audace et la sincérité de son écriture et de sa réalisation. De tous ses films, c’est peut-être Marguerite et Julien qui m’a le plus touchée. Je l’avais adoré en salle et j’ai été plus que ravie qu’il rejoigne le catalogue de Netflix. C’est l’exemple même du film français qui ne rentre dans aucune case et se fait éreinter par la critique, qui plus est à Cannes, ce qui bousille ses chances en salles. Il repose sur un scénario écrit par Jean Gruault pour François Truffaut, ce qui a sans doute contribué à son bashing médiatique. Donzelli n’a pas « fait du Truffaut », et c’est tant mieux. Qu’il plaise ou pas, son film est émouvant, porté par deux acteurs superbes, et l’image est envoutante. C’est déjà pas si mal, non? Je vous recommande également de (re)voir sur Arte Le cinéma de maman, bouleversant court-métrage documentaire que la cinéaste à dédié à sa mère.

Et en guise de dessert, deux courts-métrages de deux de mes cinéastes préférées, des films qui font profondément écho à mon propre manifesto, mon entêtement à vouloir allier des sujets sociétaux à une vraie esthétique de cinéma.

Wasp d’Andrea Arnold, que j’ai en DVD et ne me lasse jamais de revoir:

Gasman de Lynne Ramsay que je viens juste de découvrir et qui m’a énormément touchée:

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