Cette semaine, j’ai découvert en salle (et adoré) Lady Bird et Call me by your name, deux films magnifiques qui prennent totalement le contre-pied de la tendance actuelle… et font un carton public comme critique…

Le palmarès des Oscars tombera dans quelques heures et ils font tous deux figures de favoris, surtout dans les catégories liées au scénario. Quelle que soit l’issue de la cérémonie, Lady Bird de Greta Gerwig et Call me by your name de Luca Guadagnino, sur un scénario de James Ivory, auront cumulé l’un comme l’autre succès critique et public.

Pourtant, ils ont en commun, en matière d’écriture, d’aller à contre-courant de ce que les producteurs/distributeurs nous demandent, à nous scénaristes: du high concept, de la bonne grosse ficelle, de la « vanne », j’en passe et des meilleures.

Du point de vue de la seule intrigue, les scénarios de ces deux films sont d’un classicisme absolu, ils content l’un comme l’autre une histoire vue et revue des centaines de fois. Et pourtant ils sont magnifiques, à la fois drôles et bouleversants en raison de la justesse de leurs personnages. Ils racontent ce fameux « coming of age », le récit initiatique universel de la fin de l’adolescence et des premiers pas vers l’âge adulte. Il est question, dans Call me by your name, d’un premier amour -sublime parce qu’éphémère- et dans Lady Bird de la relation mère/fille.

Le point commun de ces deux scénarios, c’est que portés par un(e) scénariste/cinéaste lambda, il ou elle se serait entendu dire que le texte « manque d’enjeux », de « rebondissements », voire qu’il « ne raconte rien » ou que les dialogues sont « gnangnan ». Vous voyez ce que je veux dire? 😉

Et cela me rappelle, une fois n’est pas coutume, les propos de tonton Cassavetes:

Si seulement le succès de ces deux bijoux faisaient cogiter nos décideurs… #Ihaveadream 😉

Copyright©Nathalie Lenoir 2018